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Le Roche de l'Autel
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LA ROCHE DE L'AUTELAu pied de la "roche de l’Autel" on est en zone XI de la région du mont Bego. Cette roche, est située au Point 8 de l’itinéraire de randonnée du guide touristique du mont Bego. On la trouve à 2330 mètres d’altitude sur la rive gauche du val des Merveilles, 115 mètres après avoir dépassé un petit lac à 2294 mètres d’altitude. On arrive alors dans un cirque à l’aplomb du sommet du "Bego". "L'autel" se situe sur la droite en montant le sentier. Il est reconnaissable de loin par un bloc erratique quadrangulaire en grès de couleur violacée, ayant été abandonné en son centre par l’avancée des glaces du quaternaire. Les "souvenirs témoins" du passage de l’homme en cet endroit, ne manquent pas. Cette roche possède le plus grand nombre de gravures préhistoriques de toute la région du mont Bego (1399). Nous avons donc tenté avec l’ethnoastronomie de remettre en marche le processus temporel ayant fait naître ces traces dans la roche Puisque la région du mont Bego comporte 3700 roches gravées, pour quelle raison ce choix parmi des centaines de possibilités . D’abord elle se trouve proche du chemin naturel bordant le torrent des Merveilles. Et puis essayant de découvrir s ‘il existe une relation possible entre le symbolisme des gravures et celui des constellations, nous voulions étudier une roche comportant des gravures d’étoiles. Ce symbole a toujours représenté un corps céleste ou son homonyme divin. Chez les Sumériens il signifiait "les dieux du ciel". Notre hypothèse plaçant un temple-observatoire dans cette vallée, il nous fallait rencontrer les dieux de cette demeure. Là nous avons trouvé des étoiles. Ce nom d’ "Autel" a été donné à cette roche par Clarence Bicknell . La simple logique nous a amenée à penser qu’une roche baptisée d’un tel nom par un de ceux ayant le mieux connu le site, ne pouvait qu’avoir une position importante et privilégiée par sa situation puisque que dans tout temple, l’autel en est le foyer. Le Professeur Henry de Lumley nous la décrit ainsi :
L'AUTEL, CENTRE SACRE DU TEMPLE DES MERVEILLES.Dans la région du mont Bego, le concept de "sacré" prend toute sa valeur. Comme les chercheurs ayant travaillé sur le site des Merveilles, nous l’avons ressenti sur la roche de "l’Autel", de façon plus intense que partout ailleurs. Nous sommes persuadée que tout l’ensemble, site et gravures, mouvements du ciel , donnaient à ceux qui gravissaient le chemin pour arriver vers l’autel, la possibilité de venir consulter, de recevoir, de comprendre une information concernant la puissance des divinités célestes qu’ils adoraient. (Rappelons que les ligures ont toujours été reconnus comme "adorateurs de la nature", adorateurs du soleil. ) En effet, une particularité pouvait être importante pour les hommes de l’époque : En se plaçant au-dessus de la roche de l’Autel, la configuration du site fait qu’à l’équinoxe d’automne on peut apercevoir le coucher héliaque dans la Baisse des Conques, de la constellation qui se lèvera à l’est au printemps au niveau de la mer. Il en est toujours de même à notre époque... Observons et admirons sur ce site, ce que l'on peut voir lors de la lune des moissons (pleine lune qui précède l’équinoxe d’automne). Cette lune en opposition solaire, suit dans le ciel la route précise du Soleil. Se levant au même endroit de l'horizon que le soleil, elle se couche exactement au même endroit que lui. En prenant un point de la terre comme repère on le vérifie aisément. Nous avons vu ici, de la roche de "l’Autel", le soleil, puis la lune suivre le même chemin sur notre terre. Ce spectacle lunaire que nous vous présentons, n'est visible qu'en se plaçant sur la roche de l'Autel lors de la lune des Moissons.
Lever derrière le Bego en illuminant la grotte située sous la Roche de l'Autel, puis arrivée sur la pointe du pic des Merveilles pour se coucher dans la baisse des Conques. Le matin, c'est le soleil qui prend le relais. Il éclaire d'abord l'intérieur de la petite grotte ou "gias", puis traversant la vallée va se planter sur le pic des Merveilles, pour descendre le long de la pente du pic et enfin se coucher dans la baisse des Conques. Il ne faut pas négliger la toponymie et prendre en compte le symbolisme des conques. (Voir notre thèse pour de plus amples informations) On peut très bien comprendre que les hommes des époques archaïques aient pu imaginer que le soleil allait rejoindre la lune. Les photographies prises lors de la pleine lune de l’équinoxe d’automne et du lever solaire équinoxial d’automne, nous montrent les rayons lumineux du "roi et de la reine" pénétrant dans la grotte à l'abri des regards profanes, tout comme les légendes nous le rappellent, ainsi que leur route commune. …toutes les choses
que sont nées, Si nos oeuvres sont d'ung créées
Les graveurs protohistoriques avaient-ils remarqué ce phénomène ? Lorsque le soleil pénètre dans la grotte, il est à 125° d'azimut de relèvement. Lorsqu'il sort de la grotte, il est à 171° d'azimut de relèvement. Les poignards gravés sur la roche sont au nombre de 115. 98 poignards sont orientés entre 125° et 171°. Les 17 poignards restants pointent le pic des Merveilles où se plantent le soleil et la lune lors de l'équinoxe, avant d'entamer la descente le long de la pente de ce pic vers le coucher dans la baisse des Conques à 270°. Il faut noter, que lors de tous les autres moments de l'année, jamais le soleil n'est pointé par les poignards de l'ensemble D de la roche de l'Autel.
Ici, se concrétise le mythe que l'on rencontre dans la plupart des
civilisations du Bassin méditerranéen. | |||||||||||||